Évacuation du campement du Millénaire : retour à la case départ ?

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Évacuation du campement du Millénaire : retour à la case départ ?

Alors que la situation ne faisait que s’aggraver depuis des mois, atteignant une configuration jusque-là inédite dans la capitale, l’État a procédé à l’évacuation des migrant.e.s du campement du Millénaire, remettant à plus tard celle des camps du canal Saint-Martin et de la Porte de la Chapelle. Faute d’une réelle politique d’accueil et d'une mise à l'abri inconditionnelle des migrants sur place, les élu.e.s écologistes s'inquiètent du risque élevé de réapparition de campements dans les prochaines semaines.

L’organisation de la mise à l’abri a toujours relevé de la compétence de l’État. Malgré les appels de la municipalité, il est insupportable que le gouvernement ait laissé pourrir la situation pendant des mois, alors que deux personnes sont mortes noyées, et que nous constatons de nombreux blessés sur les camps” déplore David Belliard, président du groupe écologiste de Paris. "Laisser 2400 personnes survivre dans ces conditions indignes pour mettre en difficulté l'actuelle majorité municipale dans la perspective des prochaines élections municipales, comme l'a admis Gérard Collomb lui-même, relève d'un grand cynisme. Aujourd'hui, malgré cette évacuation, nous n'avons aucune confiance dans le sort qui sera réservé à ces réfugié.e.s".

Cette évacuation risque hélas de n’être qu’une opération cosmétique pour rendre les migrant.e.s à nouveau invisibles. Car ce campement compte 70% de personnes dublinées ou déboutées du droit d'asile prises aux pièges par les politiques migratoires des États membres de l’UE qui les obligent à errer d'un pays à un autre" rappelle Fatoumata Koné, conseillère de Paris. “La réalité, c’est que tant que l’État et l’Union Européenne garderont la même politique d’hostilité à l’accueil des réfugié.e.s, il y aura de nouveaux drames et de nouveaux camps. N’oublions pas que ces personnes ont quitté leur pays d'origine au péril de leur vie, fuyant la guerre, la dictature ou la famine, pour arriver jusqu’à Paris. Il est plus que temps de changer de politique migratoire.

L’évacuation sans proposition d’accueil ne pouvant constituer une solution pérenne, les élu.e.s écologistes soulignent hélas la forte probabilité de reconstitution de nouveaux camps dans les prochaines semaines. Nous demandons qu'une mise à l'abri inconditionnelle soit organisée, avant toute sollicitation administrative des migrant.e.s. Un suivi doit leur être proposé, en lien avec les associations. Nous rappelons que l’accueil doit être coordonné entre l’État, la Ville de Paris, la Métropole du Grand Paris et les départements franciliens. Emmanuel Macron doit également porter la révision du règlement de Dublin au niveau européen.

Les élu.e.s écologistes à Paris, au Conseil Régional d’Île-de-France et au Sénat ont affirmé à de nombreuses reprises le besoin impérieux d’une mise à l’abri de toutes les personnes vivant dans les campements. Ils ont manifesté leur soutien aux appels répétés de la Maire de Paris pour trouver des solutions avec l'État. Ils ont notamment soutenu la pétition portée par plus de trente associations, demandant que l’État organise une opération de mise à l’abri. Les élu.e.s écologistes du 19 arrondissement ont quant à eux saisi le Défenseur des droits il y a quelques semaines. L'ensemble des élu.e.s écologistes continuera à soutenir les collectifs et associations qui se mobilisent pour venir en aide aux migrants : l’inaction ne peut pas être une option.

 

David Belliard, président du groupe écologiste de Paris

Fatoumata Koné, Conseillère de Paris, élue du 19ème arrondissement

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